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le bug de noël

- Haaa..... C'est quoi ce truc nul ?
- Je t'en prie, Marie-Sophie, parle correctement !
- Papa, va falloir que t'atterrisses. Nous sommes au vingtetunième siècle.
Charles Henry de Benouville se raidit. Il n'arriverait jamais à s'y faire. La façon dont sa fille chérie, Marie-Sophie, parlait, s'habillait, bougeait et vivait. Tout le choquait.
Il n'était pas vieux : trente cinq ans.
Il avait un métier moderne, directeur du développement dans une société informatique.
Mais il avait été élevé dans les meilleurs coins du seixième et il avait fait sa scolarité à Saint-Jean de Passy et ... il n'arrivait pas à s'habituer aux manières de Marie-Sophie.

Il ne s'était pas non plus habitué aux manières de son ex femme. Pendant leur mariage, il ne pouvait s'empêcher de la regarder avec un air pincé et de lui faire des réflexions. Elle était partie deux ans plus tôt. Sans avertissement. Ca l'avait pris au milieu d'un repas. Il venait de déplorer qu'une fois de plus elle ait acheté à manger chez le chinois du coin au lieu de faire un petit effort. Elle avait déclaré que c'était fini. Ils avaient mangé en silence.
Le lendemain soir, il n'y avait personne lorsqu'il était rentré dans son appartement.
Deux jours après, elle était installée dans un nouvel appartement et lui faisait des propositions raisonnables pour le divorce.
Il était encore sonné par cette fin brûtale. Et le fait de ne plus avoir à supporter les insuffisances de son ex femme ne ne le consolait pas vraiment.

Il ne voyait Marie-Sophie qu'un week-end sur deux et la moitié des vacances. Impossible dans ses conditions de faire quelque chose pour améliorer ses manières.

-Mais, merde, merde, merde. C'est encore plus nase que d'habitude. T'es dingue !
- Marie-Sophie, c'est inadmissible de parler comme celà à son père.
Marie Sophie, déballant son dernier cadeau, explosa.
- Mais tu te fiches de moi. Qu'est ce que c'est que cette saloperie, dit Marie-Sophie, brandissant une magnifique boite de lego qui permettait de construire des machines plus sophistiquées les unes que les autres.

Charles Henry regarda interloqué la boite et les autres cadeaux que Marie-Sophie avait dans sa colère éparpillés autour d'elle. Rien ne ressemblait aux horreurs qu'il s'était forcé à commander.

le maquillage de marie sophie

Pour que Marie-Sophie soit enfin contente de ce qu'il lui offrait, il avait commandé grâce à internet la liste idéale de cadeaux pour fille moderne de dix ans, y compris une extraordinaire boite de maquillage ce qui avait été pour lui un effort énorme.
C'était drôlement bien comme cadeaux : des legos sophistiqués, un jeu vidéo sur l'espace, un jeu vidéo sur l'Egypte ancienne et ... Mais y avait de toute évidence un bug.

Charles-Henry se racla la gorge et dit d'un ton rassurant à Marie-Sophie.
-Ecoute, ma chérie, je crois qu'il y a une petite erreur. J'irai acheter autre chose demain.

Marie-Sophie gloussa sur un ton légèrement moqueur.
- Demain, tout est fermé, mon pauvre papounet. En attendant, j'ai faim. J'espère que ton repas sera mieux que tes cadeaux.

Charles-Henri blêmit. Etourdi par tout ce que Marie-Sophie lui avait raconté depuis qu'elle était arrivée, il n'avait pas fait attention. Il était dix heures et demi et le traiteur n'avait pas livré le repas. Il n'y avait rien à manger pour le moment.

 
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vignette noel


 
 
 
 

Dans l'appartement d'à côté, l'ambiance n'était pas tellement meilleure. Pour des raisons très différentes.
Depuis la mort de son mari, un peu plus de trois ans avant, Clarisse Leblond n'arrivait pas à offrir à son fils Thomas un noël qui ne soit pas sinistre.
La première année, ils étaient allés dans la famille de son mari. Abominable !
La seconde année, ils étaient allés dans sa famille et ils avaient gaché la fête. Personne n'osait s'amuser.
La troisième année, ils étaient allés chez des amis. Ca ne s'était pas trop mal passé. Avec le temps, le chagrin pesait moins lourd. Mais ils ne s'étaient pas sentis à leur place.

Là, ils n'étaient que tous les deux et c'étaient franchement glauque. Clarisse essayait désespérément de se forcer. Mais le coeur n'y était pas. Tout manquait de gaieté. Elle avait fait brûler la poularde. Ca sentait très fort dans l'appartement. Elle ne pouvait même pas se servir de çà pour justifier ses yeux rouges. Thomas ne s'y laissait pas prendre.

Ils n'arrivaient pas à trouver le courage de se mettre à table, pas plus que celui d'aller apporter à leurs voisins le panier que le livreur du traiteur leur avait confié vu que ça ne répondait pas à côté.

Thomas maugréa et finit par dire sur un ton protecteur
- allez va maman, je vais y aller.
Clarisse réagit aussitôt, elle ne pouvait pas demander à un petit garçon de dix ans d'être plus courageux qu'elle. elle irait affronter ses voisins si intimidants, lui par sa raideur et sa grande taille et elle par ses airs délurés.

père noël

lutin mangeant

En voyant Clarisse devant la porte avec le panier du traiteur dans les bras, Marie-Sophie poussa un hurlement et fila immédiatement sonner à la porte des Leblond sous le regard médusé de Clarisse et Charles-Henry.
- Vous savez ce qu'elle a ?
- Pas du tout.


Pendant que Clarisse redonnait son panier à Charles-Henry et qu'ils échangeaient des propos polis et plutôt gênés, Marie-Sophie avait exposé la situation à Thomas à sa façon plus directe.
- Des cadeaux de merde pareil, ça pouvait être que pour un intello comme toi. Je suis sûre que t'as les miens. Le livreur de cadeaux a fait comme celui du traiteur, il s'est trompé d'appart.


Et c'est bien sûr, Marie-Sophie qui règla avec énergie le problème des réveillons pas très gais. Une fois renseignée sur l'origine de l'odeur bizarre qui flottait dans l'appartement, elle invita ses voisins avec ces mots positifs "ça sera toujours moins chiant que de manger toute seule avec Papa".

Et contrairement à toutes prévisions, ils passèrent un excellent réveillon.

Et sous le regard moqueur de Marie-Sophie et attendri de Thomas, Charles-Henri et Clarisse commencèrent à tomber en douceur... amoureux l'un de l'autre.



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