Le père de Lucas était
peintre, sa mère était médecin. Ils ne manquaient
pas d'argent mais son père vendait encore très peu
de peintures même s'il était de plus en plus renommé.
Alors de temps en temps, pour offrir des petits extras à
sa famille, Théo Rossetti peignait des copies de tableaux.
Ces copies étaient d'excellente qualité et se vendaient
très bien.
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Mais là, il venait de se faire piéger
par un décorateur de C. qui lui avait acheté
une copie d'un Nicolas de Staêl et l'avait revendu comme un
vrai. Le client avait découvert qu'il s'était fait
voler et le décorateur malhonnête avait accusé
Théo Rossetti. Comme le décorateur avait payé
Théo en liquide, celui-ci n'avait pas pu prouver qu'il avait
reçu 5 000 francs de Richard Lafange et non 1 million de francs. |
Le juge d'instruction chargé de
l'affaire rencontrait régulièrement le décorateur
dans les soirées mondaines et Théo s'était retrouvé vite
fait en détention préventive.
Lucas se sauvait la nuit de l'appartement. Sa mère qui prenait des cachets
depuis que son mari était en prison n'entendait rien. Il voulait protester,
attirer l'attention. Il n'avait pas trouvé d'autres moyens.
- Pas con son
idée ! s'esclaffa Ange Preskowisz, l'ami commissaire de Thomas
que celui-ci avait appelé au secours une fois que Lucas après
avoir déballé son histoire se soit endormi comme une
souche sur son canapé.
- Pas con. Il a foutu un joyeux bordel en ville. Le nombre d'andouilles qu'on
a du refouler parce qu'ils voulaient porter plainte ! Incroyable !
- Et puis; je la connais son affaire ! Et c'est vrai qu'ellle pue ! Il nous a
même pas laissé enquêter le juge! Je suis sûr que le
Lafange est coupable jusqu'au trognon mais quand j'en ai parlé à Monsieur
le juge j'ai eu droit à "voyons, vous n'y pensez pas"... Je
te passe la suite. Tout çà
parce qu'ils sont dans le même club de golf ! Quel con ce
mec... Quel con !
Le visage d'Ange s'éclaira
façon "Ah oui, mais c'est bien sûr".
- Dis donc, toi qui as des dizaines de copines, tu n'en aurais pas une qui travaillerait
dans la peinture et qui pourrait nous donner un coup de main. Je suis sûr
que qu'avec qelqu'un qui s'y connait on trouverait un truc pour coincer le Lafange.
C'est ce moment précis que Lucas choisit pour pousser un hurlement et
s'éveiller en sursaut. Il eut l'air terrifié en voyant Preskovicz
qui avait effectivement ce qu'on appelle une sale gueule.
Les présentations
furent faites rapidement et Lucas entreprit de harceler le commissaire.
Ange eut l'idée géniale de lui demander s'il connaissait
un moyen de prouver l'innocence de son père.
- Evidemment, c'est justement çà qui est dégueulasse. Il
n'y a rien de plus facile à faire. Mon père il signe ses copies "copie
de .... par Théo Rossetti". Ils ont du remettre une couche de peinture à cet
endroit là et c'est tout. Suffit de passer la toile aux rayons x et on
voit que mon père a jamais voulu faire un faux. C'est fait pour justement.
C'est pour qu'on puisse pas faire çà avec ses toiles après.
Mais ça on l'a dit à l'avocat, au juge, on l'a répété,
personne nous écoute.
Le lendemain,
le juge eut droit
à un coup de fil du commissaire. Il comprit très
vite que s'il ne voulait pas risquer sa carrière, il avait
intérêt
à ce que l'enquête soit menée sérieusement
et tout de suite. Ses supérieurs n'apprécieraient
pas forcément ce début d'erreur judiciaire. Ange
enfonça le clou en lui rappelant que Thomas était
rédacteur en chef d'un quotidien régional et avait
beaucoup d'amis journalistes comme lui !!! |
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Le père de Lucas avait été libéré
très rapidement.Thomas était un peu amer car Lucas ne
lui avait plus donné signe de vie. Il avait juste reçu
un très beau livre et un petit mot chaleureux de ses parents.
Le 25 décembre à huit
heures du matin, Thomas fût réveillé en sursaut
par la sonnette. Il s'était couché très tard,
il avait bu beaucoup de champagne. Il ne voyait pas très
clair, ne tenait pas sur ses jambes. Il avait un peu mal à la
tête. Il ouvrit la porte et trouva sur son palier jovial
Lucas chaussé d'une paire de rollers flambant neuve et brandissait
une bouteille de champagne dans chaque main.
- "T'as vu géant, je suis venu chez toi en cinq minutes.
Finalement il est classe ce mec.
- J'y comprends rien Lucas, tu vois bien que je suis pas réveillé,
t'appelles ton père ce mec ?
- Mais non, banane, je te parle du père Noël !
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