Du rififi à l’orchestre, Si la musique est la nourriture du crime, le polar de la webmestre de kutchuk.com

 

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Et voici le début

Un cri. Haut, puissant. Une note hallucinée. Un silence, et le cri reprend. Encore plus haut. Un cri au-delà du possible. Au-delà du supportable aussi!
– Ben dis donc, elle fait fort aujourd’hui la Castafiore! Elle va finir par se péter les cordes vocales!

Isolde, que le vacarme soudain avait arrêtée dans son élan, termina de servir un verre de jus de pomme à Marcel Maurice. Ils étaient seuls au bar. Marcel avait quitté la répétition vingt minutes avant la pause. Le chef n’avait plus besoin des trompettes. Il était monté au foyer des musiciens. Le deuxième trompettiste était allé à la comptabilité contester une retenue sur son bulletin de paie.

Le cri continue, s’arrête, reprend.
– Tain, me dis pas que c’est artistique ce truc!
Marcel Maurice était  trop occupé à détailler le look bizarre de la jeune fille et à se poser des questions sur les lois de la génétique pour prêter attention au barouf qui sortait de la loge de    Brigitte Brodin. Comment cet abruti de potentat politique local et sa bourgeoise blonde  coincée avaient-ils réussi à fabriquer une gamine aussi marrante? Soudain, il se réveilla:
– Merde, c’est pas normal. Elle chante pas, elle gueule.
– J’vois pas trop la différence moi.

Le bruit n’avait plus rien d’humain. Marcel Maurice constata:
– Merde, faut faire quelque chose, on peut pas la laisser comme ça!
Ils se regardèrent, muets. Ils n’avaient pas plus envie l’un que l’autre d’aller dans la loge.

Marcel Maurice ne pouvait pas saquer cette grosse truie de cantatrice.   Et Isolde Leprince, malgré ses cheveux bleus en pétard, son tatouage de crapaud sur la main gauche qui avait failli faire faire une crise cardiaque à son père et avait fait faire une crise de nerfs à sa mère, sa dégaine de petit voyou et la hardiesse avec laquelle elle s’opposait à ses parents, n’était encore qu’une gamine de seize ans qui travaillait pour la première fois de sa vie – depuis la veille.

La cavalerie arriva à leur secours en la personne du régisseur en chef. Il n’était pas amateur des boissons servies au bar du foyer, toutes strictement non alcoolisées. Mais, malgré tout, c’était un bar. A défaut d’avoir l’air, on avait un peu de la chanson. Dès qu’il avait une seconde de libre, il y était.
Il fut prompt à réagir. Il faut dire qu’à force de hurler, la voix de Brigitte Brodin avait plus que dérapé. La cantatrice émettait des sons à la discordance phénoménale.
– Elle a quoi, la Brodin ?
– On sait pas.

Régis Dubreuil  fonçait d’abord et réfléchissait ensuite. Il agit selon son habitude et fila vers la loge où, pas de doute, il se fit copieusement engueuler;
Il ressortit tout aussi vite qu’il était entré, mais bien plus rouge, et passa devant le bar.
– Qu’est-ce qu’elle a?
– On lui a volé son collier. Je file prévenir la chef.

Marcel et Isolde se regardèrent et éclatèrent de rire au moment où il sortait. Isolde s’exclama:
– Merde, on a volé les bijoux de la Castafiore. Trop fort!
….

 

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