Conte de Noël, cet homme est un imposteur

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affichenoelLe 1er décembre au matin, effarés, les habitants de la ville de C. découvrirent, placardée sur les arbres, les vitrines des commerçants, une affichette. Quelques uns s’en amusèrent mais la grande majorité s’indigna. Certains même s’étouffèrent de colère.
Toute la journée, on ne parla que de ça. Au bureau, dans les boutiques, à la sortie des écoles, dans les cafés.

Le lendemain, ce fût pire. Les affiches avaient été collées sur la porte des écoles et des édifices publics. La rage s’amplifia.

La nuit suivante, Lucas Rosseti n’eut le temps que de coller 3 affiches. 3 personnes, apparemment décidées à lui faire passer un mauvais quart d’heure se ruèrent sur lui.
voitureA ce moment là, une voiture arriva à sa hauteur. La portière avant s’ouvrit et il entendit une voix impérieuse dire :
– Monte !
Il obéit sans réfléchir.
L’homme qui conduisait avait environ 35 ans. Il avait l’air sympathique. Il portait un blouson et un jean. Au bout de quelques instants il demanda à Lucas :
– A quoi tu joues ?
Lucas, les machoires serrées répliqua :
-« Je ne joue pas! »
– Alors pourquoi tu fais çà ? Tu vois bien que çà dérange les gens!
– Ouais, çà, çà les dérange, dit-il d’un ton amer.
– Tu as quel âge ? Tu me parais déjà bien désabusé !
– j’ai 11 ans.
Lucas devina que l’autre n’allait pas en rester là dans ses questions. Il décida de contre attaquer.
– Pourquoi vous m’avez enlevé ?
Thomas Roussel éclata de rire.
– Excellent. Excellent ! On peut dire que t’es gonflé. T’aurais voulu que je les laisse t’étriper. Thomas arrêta la voiture.
– Allez, ici c’est chez moi. Je t’offre un coca.

Quelques minutes plus tard, Thomas connaissait toute l’affaire. Il avait versé en douce un peu de rhum dans le coca et Lucas avait tout raconté d’un trait.
pinceauLe père de Lucas était peintre, sa mère était médecin. Ils ne manquaient pas d’argent mais son père vendait encore très peu de tableaux même s’il était de plus en plus renommé. Alors de temps en temps, pour offrir des petits extras à sa famille, Théo Rossetti peignait des copies de tableaux. Ces copies étaient d’excellente qualité et se vendaient très bien.
Mais là, il venait de se faire piéger. Un décorateur lui avait acheté une copie d’un Nicolas de Staêl et l’avait revendu comme un vrai. Le client avait découvert qu’il s’était fait voler et le décorateur malhonnête avait accusé Théo Rossetti. Comme le décorateur avait payé Théo en liquide, celui-ci n’avait pas pu prouver qu’il avait reçu 1 000 euros de Richard Lafange et non 100 000.
Le juge chargé de l’affaire fréquentait le décorateur et Théo s’était retrouvé vite fait en détention préventive.
Lucas se sauvait la nuit de l’appartement. Sa mère qui prenait des cachets depuis que son mari était en prison n’entendait rien. Il voulait protester, attirer l’attention. Il n’avait pas trouvé d’autres moyens.
– Elle était pas con mon idée. Les gens ont remarqué.
– Pas con! Tu as foutu un joyeux bordel en ville… Je suis journaliste. C’est pour ça que je cherchais la personne qui collait les affiches. J’ai vaguement entendu parler de cette histoire de faux de Staël. Je vais enquêter et peut-être que je pourrais t’aider.
– Pas besoin d’enquêter. C’est facile de prouver que mon père n’a pas voulu tricher. Mon père il signe ses copies « copie de …. par Théo Rossetti ». Ils ont du remettre une couche de peinture à cet endroit là et c’est tout. Suffit de passer la toile aux rayons x et on voit que mon père a jamais voulu faire un faux. C’est fait pour justement. C’est pour qu’on puisse pas faire çà avec ses toiles après. Mais ça on l’a dit à l’avocat, au juge, on l’a répété, personne nous écoute.

Le lendemain, l’affaire père Noël était à l’affiche du  journal local don Thomas était rédacteur….

Le père de Lucas fut  libéré très rapidement. Thomas était un peu amer car Lucas ne lui avait plus donné signe de vie. Il avait juste reçu un très beau livre et un petit mot chaleureux de ses parents.

bottleLe 25 décembre à huit heures du matin, Thomas fût réveillé en sursaut par la sonnette. Il s’était couché très tard, il avait bu beaucoup de champagne. Il ne voyait pas très clair, ne tenait pas sur ses jambes. Il avait un peu mal à la tête. Il ouvrit la porte et trouva sur son palier Lucas, jovial, chaussé d’une paire de rollers flambant neuve et brandissant une bouteille de champagne dans chaque main.
– « T’as vu géant, je suis venu chez toi en cinq minutes. Finalement il est classe ce mec.
– J’y comprends rien Lucas, tu vois bien que je suis pas réveillé, t’appelles ton père ce mec ?
– Mais non, banane, je te parle du père Noël !

 

 

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